Sodexo, Elior : addition salée pour la restauration collective – Libération

Sodexo, Elior : addition salée pour la restauration collective – Libération

Le mois d’octobre aura été violent pour la restauration collective. Deux des plus gros opérateurs français, Sodexo et Elior, ont annoncé à trois semaines d’intervalle des licenciements massifs. Lundi, Sodexo, numéro 2 mondial du secteur avec 470 000 salariés dans 67 pays, a informé les représentants des salariés d’un plan de suppression de 2 083 postes. Cette décision touche 7% des effectifs de l’activité restauration d’entreprise en France. Sodexo, comme Elior, fonde son modèle économique sur la signature de contrats avec des entreprises pour la fourniture de repas sur le lieu de travail. Il s’agit le plus souvent de cantines installées dans les immeubles de bureaux ou les usines et gérées directement par les opérateurs de restauration collective. Depuis sept mois, le début de la crise sanitaire, puis la première vague de confinement et le développement du télétravail ont sérieusement réduit la fréquentation des restaurants d’entreprise. D’autant que parmi les salariés présents au bureau, bon nombre choisissent d’apporter leur lunch box (boîte repas) ou encore de se faire livrer, histoire d’éviter des allées et venues à la cafétéria.

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Résultat : le nombre de repas fournis est en chute libre. Sodexo, après avoir procédé à des licenciements dans ses activités américaines, a recours aux mêmes méthodes en France. Outre les suppressions d’emplois dans les restaurants d’entreprises, une centaine de postes est menacée au siège du groupe situé à Issy-les-Moulineaux. Par ailleurs, le traiteur Lenôtre, filiale de Sodexo, va perdre 184 emplois. La sérieuse baisse d’activité dans l’organisation d’événements (conventions, séminaires, mariages…) et la moindre fréquentation des boutiques Lenôtre expliquent, selon la direction, ce plan de licenciement.

Portage de repas aux personnes âgées

Au début du mois, Elior, principal concurrent de Sodexo sur le marché français, annonçait, lui, la suppression de 1 888 emplois sur 9 000 au sein de son activité de restauration en France. L’entreprise estime que dans ce secteur, le marché est en chute de 45% avec le passage d’un à deux jour de télétravail en moyenne.

Le plus préoccupant est sans doute que la fin de la crise sanitaire ne verra pas l’activité revenir à son niveau d’avant le Covid-19. «Les budgets ne seront plus les mêmes», estime Laurent Plantier, fondateur et dirigeant du fonds d’investissement French Food Capital, spécialisé dans la restauration.

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Reste que depuis plusieurs années, Sodexo, détenu à 42% par la famille Bellon, et Elior, contrôlé par un fonds d’investissement, n’ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier. Sodexo a ainsi racheté FoodChéri, qui vient concurrencer Frichti et Deliveroo dans la livraison de repas à domicile. Par ailleurs, les deux géants de la restauration collective fournissent également les hôpitaux et les Ehpad, et ont investi dans le portage de repas aux personnes âgées. Un secteur appelé, lui, à se développer.

De fait, compte tenu de la taille et des multiples activités de Sodexo et d’Elior, les représentants des salariés attendent donc des propositions de reclassement plus importantes que celles déjà annoncées. «Il est question de 600 postes ouverts dans le reste du groupe, nous espérons bien voir ce chiffre passer à 1 000», déclare à Libération Eric Villecroze, délégué central FO de Sodexo.


Franck Bouaziz

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