Vaccin contre le covid: les stratégies des autres Européens | Le HuffPost – Le HuffPost

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CORONAVIRUS – Peut-être Emmanuel Macron l’évoquera-t-il ce mardi 24 novembre au soir dans le cadre de son discours sur l’allègement du confinement? En tout cas en Europe, depuis que des résultats de plus en plus encourageants sont communiqués au sujet des vaccins contre le covid-19, nos voisins peaufinent leurs plans. 

Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous, et le lire plus en détails dans notre article, de l’Allemagne à l’Espagne en passant par l’Italie, les autres grands pays d’Europe ont déjà communiqué, de manière plus ou moins précise, sur leur stratégie en matière de vaccination. 

Ainsi, les Allemands s’apprêtent déjà à ouvrir des lieux qui pourront accueillir le public prioritaire à la minute (ou presque) où les premières doses seront disponibles, quand l’Italie doit faire face à un mouvement anti-vaccin d’ampleur et que les Britanniques prévoient un très large dispositif d’emblée…  

En Europe, l’Allemagne est le pays le plus avancé en vue de la future campagne de vaccination contre le coronavirus. Depuis plusieurs semaines, notre voisin s’active effectivement: des millions de seringues et d’aiguilles ont par exemple été stockées et des lieux, parfois insolites, serviront à accueillir le public. Des aéroports (comme le Tegel, l’aéroport de Berlin tout juste fermé) et des parcs d’expositions seront par exemple mobilisés. 

Ainsi, dès le mois de décembre, une soixantaine de lieux (dont la liste comprend aussi des stades, patinoires, casernes militaires, centres de congrès….) seront “en stand by”, prêts à réagir immédiatement quand les vaccins seront disponibles.

Potentiellement, ce pourrait être avant même la fin de l’année. En bénéficieront en priorité, selon les recommandations faites par le comité d’éthique local, les personnes vulnérables comme les seniors, les personnels de santé et les fonctionnaires nécessaire au bon fonctionnement de la société (instituteurs, policiers…). 

Particularité allemande, ce sont les länders (c’est-à-dire les 16 régions) qui sont responsables de la mise en œuvre du plan de vaccination. Et c’est notamment par eux que réfrigérateurs -nécessaires par exemple pour conserver à -70°C le vaccin de Pfizer/BioNTech- ont été mobilisés dans les casernes de l’armée allemande. 

Quand le top départ aura été donné pour la vaccination et que les premières doses seront rendues disponibles, il est en outre prévu que des étudiants en médecine et des professionnels de la santé retraités viennent en aide au système de santé pour garantir la rapidité de la campagne. 

Au contraire d’autres pays abordés plus bas, la précision de ce plan séduit déjà la population, qui l’approuve à une écrasante majorité, selon plusieurs sondages.

  • Espagne (43.000 morts, 1,6 million de cas déclarés) 

Après l’annonce du plan allemand, le Premier ministre Pedro Sanchez l’a clamé haut et fort: l’Espagne est l’autre pays européen à disposer d’une stratégie aussi au point. Dans des allocutions successives entre le vendredi 20 et ce mardi 24 novembre, les autorités espagnoles en ont ébauché les contours, assurant y travailler depuis le mois de septembre et s’apprêtant à vacciner “une part substantielle” des 47 millions d’habitants du pays pour la mi-2021. 

Ce plan reprend les grandes lignes d’un dispositif de vaccination massive contre la grippe qui a déjà été éprouvé en cet automne 2020, permettant à 14 millions d’Espagnols de recevoir le vaccin en deux mois, une nette hausse (+40%) par rapport à l’année précédente. 

Face au covid-19, au total, 13.000 points de vaccination seront ouverts dans tout le pays et des professionnels de santé supplémentaires vont être recrutés pour renforcer le système de santé. Une commande de 31,5 millions de doses a été passée via l’Union européenne et un comité spécial est actuellement en train de définir les cibles prioritaires pour être vaccinées. Si la vaccination n’est pas rendue obligatoire, l’Espagne ambitionne d’avoir une majorité de sa population immunisée au plus tôt en mai et au pire courant juillet. 

“Notre système de santé est capable de vacciner en un temps réduit, il est franchement excellent et nous avons donc bon espoir d’atteindre ces objectifs ambitieux”, a affirmé Pedro Sanchez le 20 novembre. “Nous avons encore des mois difficiles devant nous, mais le cap a été donné”, a-t-il dit.

  • Royaume-Uni (plus de 55.000 morts et 1,5 million de cas connus) 

Le Royaume-Uni est l’un des pays qui a déployé le plus de moyens financiers pour obtenir des vaccins. Au total, quelque 350 millions de doses (dont une partie importante est constituée par le futur vaccin d’Oxford) ont été commandées pour une population britannique de 67 millions de personnes. 

L’objectif annoncé de Boris Johnson est que la “grande majorité” des personnes vulnérables soit vaccinée d’ici Pâques. Surtout, au contraire d’autres pays qui visent d’abord l’immunité pour les personnes vulnérables, le plan du National Health Service (qui a fuité dans la presse locale) prévoit la vaccination de tous les adultes qui la souhaiteraient d’ici au mois d’avril. Le Royaume-Uni prévoit en ce sens une vaccination express des plus fragiles, qui devra être terminée avant la fin du mois de février. 

Dans le détail, un calendrier très précis des dates auxquelles les catégories d’âge auront le droit de demander la vaccination a été dévoilé dans la presse. Selon le Health Service Journal, qui a révélé  le projet gouvernemental, il est ainsi prévu que les 18-50 ans puissent demander à se faire vacciner dès la fin du mois de janvier. Pour ce faire, il faudra, pour ceux qui le souhaitent, prendre rendez-vous dans un centre près de chez eux. 

L’idée est de rendre suffisamment de doses de vaccin disponibles pour étaler la vaccination, et la rendre accessible très rapidement à l’ensemble des adultes. À noter que pour certains vaccins (Moderna et Oxford), les Britanniques devront se faire administrer deux doses différentes, à 28 jours d’écart. 

Ce plan sera valable pour l’ensemble du Royaume-Uni, le pays de Galles et l’Écosse ayant prévu le même processus et les mêmes délais que l’Angleterre. En Écosse, il est par exemple prévu qu’un million de personnes sur les 4,4 qui pourraient théoriquement demander à recevoir le vaccin l’aient eu d’ici la fin du mois de janvier. 

  • Italie (plus de 50.000 morts, pour 1,4 million de cas dépistés environ) 

En Italie, une campagne “sans précédent, pour citer le ministre de la Santé local, Roberto Speranza, “se déroulera vers la fin janvier, quand nous espérons pouvoir avoir les premières doses destinées aux catégories les plus exposées”. Cette “campagne de vaccination (…) requerra une mobilisation extraordinaire de toutes les forces en présence”, a-t-il estimé.

Toutefois, l’une des difficultés que rencontrera l’Italie au moment de déployer sa stratégie est la présence d’un très fort mouvement anti-vaccination dans le pays. Vendredi 20 novembre, le Comité technico-scientifique, un organisme public chargé de conseiller le gouvernement dans sa politique de lutte contre la pandémie, a par exemple dû rappeler que “la présence de l’Agence italienne du médicament et des agences internationales de régulation nous donne des garanties sur la sécurité des vaccins”. Une mise au point qui intervenait après qu’un virologue de renom, Andrea Crisanti, très présent dans les médias, a déclaré : “Normalement il faut de cinq à huit ans pour produire un vaccin et donc celui de janvier, moi, je ne le ferai pas”.

Dans le pays, seul un tiers des personnes interrogées mi-novembre déclaraient qu’elles se feraient vacciner dès que possible, quand une grande partie des sondés assuraient qu’ils refuseraient le vaccin s’il était rendu disponible dès 2021. 

  •  Autriche (moins de 2.600 morts, pour 250.000 cas environ)

En Autriche, les autorités espèrent pouvoir entamer la campagne de vaccination dès le mois de janvier, avec comme bénéficiaires prioritaires du vaccin les professionnels de santé et le personnel des maisons de retraite, ainsi que les personnes à risques et les pensionnaires d’Ehpad de plus de 65 ans. 

À terme, le pays compte vacciner la moitié de sa population et mobilise dans ce but des fonds importants (environ 200 millions d’euros). La deuxième phase de vaccination, qui concernera donc le reste des Autrichiens, doit débuter au mois d’avril, selon les prévisions gouvernementales.

Les autorités comptent éviter aux hôpitaux d’être submergés en protégeant d’abord les publics les plus à risque ainsi que ceux qui y travaillent. “En vaccinant les personnels de santé, on préserve le système et on protège des personnes particulièrement exposées sur le plan professionnel”, a détaillé ce mardi 24 novembre la professeure Beate Jahn, en présentant cette stratégie autrichienne. 

L’Autriche, qui vit actuellement un confinement encore plus strict qu’en France puisque les écoles sont fermées, prévoit également de déclencher un grand plan de dépistage de la population à partir du début du mois de décembre.  

À voir également sur le HuffPost: Des vaccins contre le Covid-19 efficaces à 90%, ce que ça veut dire… et surtout pas dire

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