Vaccination : ce quil faut savoir sur le papillomavirus – Le Parisien

Vaccination : ce quil faut savoir sur le papillomavirus – Le Parisien

Il n’y a pas que le coronavirus à faire disparaître. Ce lundi, le même jour que le lancement de la vaccination des plus de 75 ans, démarre également une campagne musclée de sensibilisation aux cancers liés au papillomavirus humains (HPV), cette infection sexuellement transmissible très fréquente. Elle sera diffusée à la télévision et sur les réseaux sociaux.

Langage cru des adolescents, évocations de rapports sexuels, blagues osées… Le clip, réalisé par l’association Imagyn et sa marraine, la comédienne Gwendoline Hamon, incite à la vaccination contre ces virus responsables de 6000 cancers par an, pour 2900 décès — dont plus de 1110 sont des femmes touchées par un cancer de col de l’utérus.

Vaccination : ce qu’il faut savoir sur le papillomavirus

L’autre raison de ce plan de communication ? Des nouveautés concernant la vaccination mais aussi le dépistage.

Des chiffres chocs

Selon Santé publique France, la vaccination pourrait permettre d’éviter 1100 décès par an de femmes atteintes d’un cancer de l’utérus. Les professionnels estiment que la généralisation du vaccin aux deux sexes peut réduire de 90 % le nombre de cancers du col de l’utérus mais aussi les lésions précancéreuses (80 %).

La vaccination peut également permettre de prévenir bon nombre de cancers de la gorge, du larynx (environ 1500 par an), de l’anus (1500) et du sexe (200).

Les jeunes garçons désormais concernés

Recommandée en France depuis 2008 pour les jeunes filles, la vaccination contre le HPV est inscrite au calendrier vaccinal de tous les jeunes garçons de 11 à 15 ans depuis l’an dernier. Depuis le 1er janvier, elle est aussi remboursée à 100 %. La France rejoint ainsi la liste de la trentaine de pays conseillant déjà cette vaccination aux deux sexes.

Comme pour les filles, le vaccin se compose de deux doses à injecter entre 11 et 15 ans. Un rattrapage est possible entre 15 et 19 ans révolus avec trois doses. « Ces jeunes ont une chance incroyable. Au-delà du fait que beaucoup d’entre eux n’ont pas encore eu de relations sexuelles et qu’il est donc temps d’agir, leur réponse immunitaire est excellente à cet âge-là. Elle pourra les protéger pour la vie entière, ou presque », souligne le professeur Didier Riethmuller, chef du département de gynécologie du CHU de Grenoble. Il souligne que « le spectre des maladies cancéreuses induites par le HPV est plus large chez les hommes que ce l’on pensait autrefois ».

« En vaccinant les deux sexes, on se protège les uns les autres et quelle que soit l’orientation sexuelle. C’est cette logique qui permet de freiner la transmission des papillomavirus », précise la présidente de l’association Imagyn, Coralie Marjollet.

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« Le défi est de taille, estime pour sa part la doctorante en sociologie de la santé Cécile Lavier. Entre 11 et 15 ans, on ne va plus vraiment chez le pédiatre, pas trop chez le gynécologue et rarement sans les parents chez le généraliste. »

Un nouveau dépistage

Depuis le printemps, les femmes de 30 à 65 ans ont la possibilité de se faire dépister directement du papillomavirus grâce à des tests HPV. Les avantages ? Son coût est désormais pris en charge par l’Assurance maladie. Mieux : c’est la Haute Autorité de santé (HAS) qui recommande d’utiliser ces tests, plus fiables que les précédents, lors d’un dépistage du cancer du col de l’utérus.

Avec ces nouveaux tests, la technique de détection change, mais pas le prélèvement (un frottis). Autre avantage, ces nouveaux tests, s’ils sont négatifs, permettent d’espacer les contrôles à tous les cinq ans, contre trois ans auparavant. « Ce nouveau système est plus efficace car l’on cherche directement le virus et non les conséquences d’une infection, souligne le professeur Didier Riethmuller. Il n’y a quasiment plus de faux négatifs. Avant, on se trompait dans 10 à 15 % des cas ! »

Le spécialiste loue le « pouvoir retrouvé de rassurer les patients ». Dernier point positif : réalisés à temps, ces tests permettent également d’éviter des opérations délicates chez des jeunes femmes en âge de procréer. Il y a urgence. Seulement 24 % des jeunes filles avaient reçu les deux doses de vaccin en 2018. Un chiffre faible comparé à l’objectif de 60 % fixé par les autorités sanitaires.

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