Vaccins : la France va lancer des essais cliniques de phase 3 sur son sol – Libération

Vaccins : la France va lancer des essais cliniques de phase 3 sur son sol – Libération

C’est une journée étrange. Le matin, le Royaume-Uni annonçait en grande pompe être le premier pays occidental à autoriser sur son sol un vaccin contre le Covid-19, celui porté par Pfizer et BioNTech. L’après-midi, l’Inserm donnait une conférence de presse sur le lancement d’essais cliniques en France sur plusieurs autres candidats. La raison ? «On ne sait pas grand-chose de ces vaccins», résume Odile Launay, professeure en maladies infectieuses à l’université de Paris.

Elle est aussi coordinatrice de la plateforme d’essais cliniques dédiée aux vaccins contre le Covid-19 baptisée Covireivac : 41 375 volontaires ont été recrutés dont 63% d’hommes et 23% de plus de 65 ans.

Mille volontaires hexagonaux

Les premiers essais vont être lancés mi-décembre sous réserve de l’obtention des dernières autorisations légales. Mille Français vont participer à un essai de phase 3 de la firme Janssen qui veut tester une stratégie à deux doses de son sérum. De même l’entreprise AstraZeneca, partenaire de l’Université d’Oxford va lancer un test complémentaire à celui déjà en cours. Là encore, mille volontaires hexagonaux seront concernés.

A lire aussi Vaccins anti-Covid : en janvier, ça va (un peu) piquer

Enfin, la France va lancer un essai de phase 2 avec le vaccin de Moderna, qui a déjà déposé une demande d’autorisation auprès de l’Union européenne. L’objectif est de regarder plus précisément la réaction du système immunitaire, notamment chez les personnes âgées : 180 personnes seront concernées dont 120 seniors à partir de fin décembre ou début janvier. Aucun essai n’est à ce jour lancé avec le vaccin de Pfizer, car le fabricant a refusé de donner ses doses tant que l’autorisation de mise sur le marché n’était pas obtenue.

Une analyse fine de la réponse immunitaire 

D’ailleurs, tous ces essais ne donneront des résultats que bien après la possible autorisation de mise sur le marché d’urgence que pourrait délivrer à ces vaccins l’Agence européenne du médicament. L’objectif est d’affiner les connaissances sur ces produits afin d’orienter la stratégie du pays. Ainsi, les 30 centres de recherche cliniques de l’essai sont associés à 15 centres de ressources biologiques permettant une analyse fine de la réponse immunitaire des volontaires. Ceci afin de comprendre, entre autres, si les vaccins évitent l’infection (et donc la transmission du virus) ou s’ils évitent seulement la maladie.

La priorité a été donnée aux projets retenus par l’Europe dans le cadre de ses pré-achats. On notera aussi qu’il existe sur le territoire français un essai clinique de phase 1 sur un candidat vaccin porté par l’Institut Pasteur. 


Olivier Monod

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

web-breaking-news will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.