Vers un troisième confinement en France dès mi-janvier? Faut-il fermer les cantines des écoles? [direct] – Charente Libre

Vers un troisième confinement en France dès mi-janvier? Faut-il fermer les cantines des écoles? [direct] – Charente Libre

>> LA QUESTION

  • Faut-il fermer les cantines dans les écoles?

Alors que les plus jeunes semblaient relativement épargnés pendant la première vague de coronavirus, les autorités sanitaires constatent que le taux de positivité a dangereusement augmenté chez les 0–9 ans et les 10–19 ans début janvier: pour ces derniers, il est passé de 2,6% en décembre à 10% la première semaine de l’année, selon Santé Publique France.

Même si rien n’est tranché, l’exécutif réfléchit aux moyens possibles pour freiner davantage la circulation du virus dans les écoles. D’après les informations de BFMTV, plusieurs pistes sont évoquées. A commencer par la possible fermeture des cantines, où les contacts entre élèves sont multiples, quand bien même la plupart des établissements n’ont pas retrouvé leur taux de présence normal. L’hypothèse d’une suppression des activités sportives et des sorties scolaires est aussi évoquée. 

L’objectif ultime du gouvernement reste de tout faire pour éviter la fermeture pure et simple des écoles, collèges et lycées, au vu du décrochage scolaire provoqué par le premier confinement.

>> LE CHIFFRE

  • Le gouvernement vise les 400.000 personnes vaccinées à la fin de la semaine

Le gouvernement espère atteindre les 400.000 personnes vaccinées contre le Covid-19 à la fin de la semaine, notamment dans les Ehpad où seuls 30.000 résidents ont reçu le vaccin, a indiqué ce mardi la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon. Selon elle, seuls « 20% de personnels acceptent la vaccination » dans les Ehpad, un chiffre « qui n’est pas suffisant ». « Dans d’autres secteurs, comme le milieu hospitalier, c’est plus largement accepté », a-t-elle souligné.


 

Vers un troisième confinement en France imposé dès mi-janvier? 

Quels effets ont eu les fêtes de fin d’année sur la circulation du Covid-19 ? A quel point le variant britannique, plus contagieux, a pris racine en France? Une semaine cruciale, marquée aussi par l’arrivée d’un deuxième vaccin, s’est ouverte lundi dans la lutte contre l’épidémie.

Après avoir repoussé la réouverture des bars, restaurants, lieux culturels et avancé dimanche le couvre-feu à 18h pour 25 départements dès ce mardi, l’exécutif voit encore se profiler des choix difficiles. Un conseil de défense sanitaire est prévu mercredi, à la veille d’une nouvelle conférence de presse gouvernementale jeudi.

>> Le couvre-feu est-il suffisant?

« A ce stade, il n’y a pas de reconfinement prévu mais évidemment nous suivons la situation avec beaucoup d’attention (…) et évidemment on continuera à prendre les mesures nécessaires, notamment dans certaines villes », a expliqué lundi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur Europe 1.

Le gouvernement se prépare à « toutes les hypothèses » mais veut « éviter jusqu’au bout un confinement des écoles », a confié l’un des participants à une réunion lundi du comité de liaison parlementaire, où le Premier ministre Jean Castex a fait le point avec les chefs de groupes à l’Assemblée et au Sénat. Selon deux sources proches de l’exécutif, une nouvelle extension des territoires soumis au couvre-feu à 18h fait partie des hypothèses sur la table, mais « rien n’est acté à ce stade ». 

  • Selon les informations de BFMTV, Jean Castex a bien fait savoir que l’éventualité d’un nouveau confinement était sur la table, mais que le gouvernement comptait encore tout faire pour l’éviter. « Il ne faut pas exclure un troisième confinement en dernier recours. Pour le moment, les chiffres à date nous laissent penser que le couvre-feu suffit », aurait déclaré le Premier ministre. 
Charente Libre

 © Crédit photo : Photo AFP

Ce qui inquiète

>> L’évolution du Covid-19. Les chiffres sont déjà préoccupants, avec un « plateau haut » du nombre de contaminations quotidiennes et une stagnation dans les services hospitaliers, notamment en réanimation (voir les chiffres du Covid en France en encadré). Les hospitalisations augmentent à nouveau. 

>> Un rebond lié aux fêtes redouté. Alors que la circulation du virus est repartie à la hausse en décembre, les fêtes de fin d’année font craindre un rebond plus net en janvier. Santé publique France a comptabilisé 96.743 cas positifs la semaine du 28 décembre, « en nette augmentation », et 28.830 personnes testées le 4 janvier, jour de la rentrée, se sont avérées positives, au plus haut depuis la mi-novembre, selon les données de la plateforme Geodes.

Dans les hôpitaux, la charge reste élevée, avec 24.812 malades atteints du Covid hospitalisés lundi, dont 2.666 en réanimation, un niveau qui n’a pas sensiblement baissé depuis près d’un mois. La semaine dernière, le nombre de décès quotidiens a oscillé entre 150 et 380, portant le bilan total à 67.750 morts depuis le début de l’épidémie.

>> Autre inquiétude: à quel point le variant « VOC 202012/01 », qui a provoqué une flambée épidémique au Royaume-Uni, s’est-il installé en France? Pour essayer d’y répondre, et face à l’apparition de premiers clusters potentiels, une enquête nationale a été lancée, sous l’égide de Santé publique France, pour faire une « première cartographie » de ce variant, en analysant tous les tests positifs de jeudi et vendredi derniers.

« En milieu de semaine on saura quelle est la taille de l’ennemi et là il faudra prendre les mesures appropriées », a expliqué sur RMC/BFM-TV, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, qui guide les choix du gouvernement. Il a évoqué une « menace très sérieuse » et a invité à « se poser la question de la fermeture des frontières » avec certains pays comme le Royaume-Uni.

>> Experts et médecins tirent la sonnette d’alarme.

Des médecins et experts ont signé lundi une tribune dans Le Monde, intitulée « Covid-19 : ‘Il est à craindre que l’aggravation de l’actuelle vague impose mi-janvier un nouveau confinement’ ».

  • Soulignant le risque de graves pressions sur le système de santé, les médecins juge que « le confinement strict et précoce est la meilleure arme contre la propagation virale, même s’il est de plus en plus mal vécu par la population ».

Sur BFMTV lundi, le professeur Gilles Pialoux a estimé qu’un nouveau confinement était « inévitable sur le plan sanitaire ». Et d’ajouter : « Ce qu’il faudra discuter, c’est son intensité en matière territoriale et la date de décision ».

>> Ouvrir la vaccination aux pharmaciens et infirmiers

Mais « seule la vaccination nous permettra d’éviter de perdre des vies que nous pourrions épargner », a insisté lundi la Société française de gériatrie et gérontologie, en appelant à « lever les verrous opérationnels à la vaccination ». De son côté, France Assos Santé, qui représente les associations d’usagers, a demandé au gouvernement « de permettre rapidement aux pharmaciens et aux infirmier(e)s de vacciner largement ».

« Jusqu’à maintenant, tout a été fait pour nous écarter (…) il est temps d’ouvrir la vaccination aux infirmiers et aux pharmaciens sans supervision des médecins », a protesté Gilles Bonnefond, le président du syndicat de pharmaciens Uspo. Après de vives critiques sur la lenteur du démarrage de la campagne, plus de 138.000 personnes en France ont été vaccinées au 11 janvier, parmi les résidents des Ehpad et les professionnels de santé, a indiqué le ministre de la Santé lundi soir.

Au million de doses déjà reçues du vaccin Pfizer/BioNtech, plus de 50.000 doses du vaccin Moderna, qui vient d’être autorisé en Europe, devaient en outre être livrées lundi pour être acheminées dans le Grand Est, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca afin d’être utilisées dans la semaine, a annoncé le ministère. La campagne vaccinale devrait s’accélérer cette semaine et la suivante dans les maisons de retraite (Ehpad), où sont concernées environ 1 million de personnes âgées et de soignants à risque.

Le gouvernement, qui compte avoir reçu 2,6 millions de doses d’ici la fin du mois, a changé de stratégie et ouvert la vaccination à tous les professionnels de santé de plus de 50 ans ou fragiles, ainsi qu’aux plus de 75 ans ne résidant pas en Ehpad à partir du 18 janvier.
 

Nouvelle hausse du nombre d’hospitalisations lundi

  1. Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés a continué de grimper lundi en France, à près de 29.000, et 310 personnes sont mortes de cette maladie sur les dernières 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France publiés lundi soir. 
  2. Les hôpitaux accueillaient 24.812 patients atteints par le nouveau coronavirus (contre 24.526 dimanche et 24.962 le 4 janvier), dont 1.289 personnes arrivées en 24 heures. Après plusieurs jours de baisse, le nombre d’hospitalisations repart en hausse, pour le 2e jour consécutif.
  3. Les cas les plus graves (en réanimation) étaient au nombre de 2.666 (dont 208 placés dans ces services en 24 heures), contre 2.620 dimanche.
  4. 310 personnes sont décédées du Covid-19 en 24 heures, portant le total des décès dus à l’épidémie à 67.750, selon le dernier chiffre actualisé par Santé publique France. La semaine dernière, le nombre de décès quotidiens a oscillé entre 150 et 380.
  5. Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19 parmi les personnes testées, était en léger repli, à 6,4%, contre 6,5% dimanche (mais 5,2% il y a sept jours).
     
  6. Quelque 3.582 cas confirmés du Covid-19 ont été enregistrés lundi, contre près de 16.000 cas dimanche, les chiffres de début de semaine marquant toujours un creux car moins de tests sont réalisés le week-end. 

Etat d’urgence sanitaire: nouvelle prolongation examinée le 18 janvier à l’Assemblée

La nouvelle prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’en juin devrait être débattu le 18 janvier devant l’Assemblée nationale et le 25 devant le Sénat, a-t-on appris de sources parlementaires après des réunions lundi entre Jean Castex et les présidents des groupes parlementaires. 

Le projet de loi doit être présenté mercredi en Conseil des ministres. Dans la foulée, la prolongation de ce régime d’exception, qui permet la mise en oeuvre de mesures contraignantes pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, sera débattue en commission à l’Assemblée dès jeudi. Avec ce nouveau texte, l’exécutif prévoit de repousser à juin la fin de l’état d’urgence sanitaire qui devait initialement se terminer le 16 février. Le régime transitoire de sortie de l’état d’urgence se poursuivrait jusqu’à fin 2021.

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