Vincent Maréchal, virologue : « Si le variant est plus contagieux, les enfants peuvent devenir une préoccupatio – ladepeche.fr

Vincent Maréchal, virologue : « Si le variant est plus contagieux, les enfants peuvent devenir une préoccupatio – ladepeche.fr

l’essentiel
Vincent Maréchal, professeur de virologie et virologue au centre de recherche Saint-Antoine (Inserm/Sorbonne Université) fait le point sur l’apparition de nouveaux variants du coronavirus en France. 

Depuis plusieurs semaines, un variant du coronavirus a été détecté en Grande-Bretagne, un autre en Afrique du Sud générant de plus en plus d’inquiétudes…

Dans le variant, apparu dans le sud de l’Angleterre, ce qui a alerté les autorités sanitaires, c’est l’importante capacité qu’il a à se transmettre. De plus en plus de données scientifiques vont en ce sens. Cette mutation rendrait le virus plus contagieux que les autres variants du coronavirus. Apparemment, ces mutations n’auraient pas d’impact sur sa virulence. Par contre, les patients porteurs de ce variant auraient une charge virale dans la salive deux à quatre fois plus importante. Par ailleurs, des modifications dans la protéine S (Spike) – essentielle pour la fixation du virus aux cellules – pourraient faciliter l’infection. Même si le taux de forme grave de la maladie reste le même, le nombre de personnes testées positives à ce variant en Angleterre augmente en flèche, ce qui aura mécaniquement un impact sur l’augmentation du nombre de malades.

Que doit-on faire pour s’en protéger ?

Ce virus, quelle que soit sa version, doit pouvoir être contrôlé en respectant les mesures barrières (port du masque, aux mesures de distanciation sociale, usage du gel hydroalcoolique notamment), éventuellement de façon plus stricte encore. Il est nécessaire de prendre conscience que ces mesures sont d’autant plus importantes à respecter si le variant circule sur le territoire, ce qui est avéré aujourd’hui. Se protéger de ce variant et de l’émergence potentielle d’autres variants, c’est d’abord limiter la multiplication du virus, et donc utiliser tout moyen pour limiter sa diffusion : renforcement des mesures barrières, isolement des porteurs, déploiement de la vaccination notamment, en espérant qu’elle bloquera aussi la transmission du virus.

Les enfants ne seraient pas des vecteurs de transmission du Covid-19…

Si le variant se transmet plus largement, les enfants peuvent devenir une préoccupation. On considère que les plus jeunes sont en général moins à risque d’être infectés et de transmettre le virus, il faudra s’assurer que les enfants ne sont pas contaminés plus facilement et/ou ne transmettent pas plus efficacement le variant. Aucune étude scientifique ne répond à cette question actuellement, mais c’est pour moi un sujet prioritaire car la réponse pourrait nous inciter à revoir la contribution des plus jeunes à la circulation du virus.

Peut-on suivre le développement de ces mutations ? 

En Grande-Bretagne, les chercheurs séquencent massivement les souches de coronavirus : quand nous publions une séquence virale, les Britanniques en publient près de 60, et les Australiens plus de 450. Cela permet d’exercer une surveillance plus précoce de l’émergence de nouveaux variants. En France ce choix n’a pas été fait, nous avons plus de difficulté à rendre publiques ce type de données. Nous avons un vrai retard sur ce point, qui a été souligné dès début novembre par les Académies de Science et de Médecine. Et pourtant, en analysant, presque en temps réel, le virus et ses différentes variations, nous pourrions disposer d’un système d’alerte plus précoce, limiter la diffusion des variants à haut risque et, in fine, mieux nous en protéger.

Est-ce possible de savoir si l’on est porteur d’un variant du Covid-19 ?

Aujourd’hui, on détecte les  patients porteurs de ce variant un peu par défaut. Près de 90% des tests disponibles actuellement en France ne sont pas capables de détecter ce nouveau variant. Il est donc essentiel de revoir ces tests et/ou de les optimiser pour qu’ils puissent permettre de détecter ces mutations. En isolant les personnes atteintes de cette nouvelle forme du coronavirus, on pourra limiter sa diffusion temporairement. Sans cela, nous allons à nouveau nous retrouver dans une vague de cas positifs très importante. Ce n’est pas pour rien que Boris Johnson a annoncé le retour du confinement en Angleterre. Nous n’avons pas le droit à l’erreur avec l’apparition de ce variant, en espérant qu’il n’est pas déjà trop tard.

Les vaccins administrés sont-ils adaptés à cette nouvelle forme de la maladie ?

Aujourd’hui nous n’avons aucune raison de penser que les variants en circulation vont échapper aux vaccins. Les vaccins actuels préviennent les formes graves de la maladie, mais leur impact sur la transmission du virus n’est pas encore formellement établi. La vaccination sera probablement déterminante pour freiner l’expansion de l’épidémie. Si des variants devaient échapper aux premiers vaccins, la technologie des vaccins à ARNm développée pourrait sans doute permettre de produire une version 2 du vaccin en quelques mois. Rappelons que pour le virus de la grippe, les laboratoires pharmaceutiques fabriquent chaque année un nouveau vaccin, alors que les virus de la grippe sont beaucoup plus variables que les coronavirus. 
 

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